09.05.2009 | sans pitre
Bouquets d’anges ambidextres
Et puis le peuple étouffé dans ses respirations conscientes, beaucoup trop bien dégauchi. Dubitatives effluves de vergognes jouxtées, joues à joues dansons tango sans l’âme. Larmes secrètes d’un futur révolu. Peine à fondre le glacier. Il pleut des soleils de foudre sur le front blanc des monts sages, arrachage des dernières dents du fond. Rien à mâcher. Déjà le lait se fait rare dans le pied des laitues. Dormir… Où le rêve introduit par la peur s’estompe et blafard, creuse les sourcils. Image du père qui frappe. Comme si c’était ça, l’amour. Mon petit coin de Paradis, bled paumé du Piémont, n’a de cesse de retentir à grands coups de honte. Fuir est impossible. Il faudrait recoudre chaque continent. Avoir les ailes musclées du condor et la langue acerbe, sabre de samouraï. La mousson engorge la plaine. Nos sabots de croûte rendent lourd chaque pas. Et le suif. Quoi le suif. Je ne sais plus. Un film en deux parties en emporta le sens et discontinuité à redoubler d’efforts pour y tisser l’amer dé déraisons rancunières outrepassant tous les droits. Caillebote avec deux thés. Sac empli de menthe dans la main gauche et sac empli de sauge coupée à ficeler en bottes à suspendre au grenier entre deux touffes de chat et trois courants d’air. La nuit empoigne de son silence pétri de crapauds et autres grillons sacrés le tumulte de cet esprit qui rage et cogne contre tempes et gencives. La neige a balayé les reflets de printemps que les cîmes offraient dans leurs verts renouveaux. Bourgeons en plainte que le gel fige que le givre fêle. Sous la couvrante rituelle s’endort un corps en rêve élu par la grâce de vie et la gratitude de chaque effort. Autant de brèches découvertes que je renie comme sursis, mais je mâche en bonne guêpe maçonne la terre que mes pas foulent et nidifie en leurs creux tant leurs parois sont de marbre. Le cœur qui bat dans ces labyrinthes à galeries génère plus de lumière increvable que tous les Paradis à brandir pour effrayer les aveugles. Juste me souvenir du chemin, ou l’emprunter.
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